‘Plus d’accidents pour les cyclistes dans les quartiers défavorisés : une plus forte pratique du vélo ? du vélo ? ‘
Auteur(s) : Sylvanie Godillon
Présentation sous forme de diaporama :
Résumé :
Les quartiers défavorisés concentrent davantage d’accidents en raison de cumul de facteurs individuels, sociaux et urbains (Laflamme et al., 2000). Sans cibler particulièrement les enfants, Morency et al. (2012) montrent que les blessés piétons, cyclistes et usagers d’automobile à Montréal sont plus importants dans les quartiers pauvres que dans les quartiers riches et il explique ce résultat par la présence dans ces quartiers d’un plus fort trafic et d’un plus grand nombre d’intersections. Les auteurs ont pris en compte la densité de population et les modes de transports pour se rendre au travail comme variables pour quantifier l’activité des piétons, et les données de trafic pour quantifier les volumes de véhicules. Aucune donnée n’était alors disponible sur la pratique du vélo. Il est désormais possible de caractériser plus finement les activités des cyclistes par l’utilisation des données de comptage rendues publiques depuis 2013. L’objectif est d’analyser les taux d’accidents impliquent un cycliste selon la pauvreté du quartier où s’est déroulé l’accident et selon l’activité cycliste qui l’anime. Différents indicateurs de pauvreté sont proposés (revenu médian, taux d’inactivité, etc.). Les analyses tiennent également compte des caractéristiques urbaines des espaces comme la densité et le niveau de trafic, qui jouent un rôle dans l’explication des concentrations d’accidents. L’analyse est réalisée à partir des données de collision provenant des rapports policiers d’incidents impliquant un vélo et un véhicule à moteur sur l’ile de Montréal. Les accidents impliquant un cycliste entre 2010 et 2014 localisés dans la Ville de Montréal sont intégrés à un Système d’Information Géographique afin de croiser avec des données sociodémographiques extraites du recensement de 2011 et avec des données urbaines et des comptages rendues disponibles publiquement par le Ville de Montréal (Portail données ouvertes Montréal). Des analyses spatiales sont réalisées avec ArcGIS. Les résultats préliminaires démontre une plus grande activité cyclistes dans les quartiers centraux de Montréal, mais pas uniquement ceux défavorisés, tout comme la concentration des collisions impliquant un cycliste. La localisation des comptages cyclistes ne permet pas une analyse spatiale exhaustive de tout le réseau routier, mais ajoute à la compréhension du risque pour les cyclistes à Montréal. Des analyses supplémentaires sont en cours pour mieux cerner les facteurs explicatifs les plus importants dans le risque de collisions cyclistes (impact des artères, cadre bâti, taux d’emploi, etc.). Au-delà des aspects méthodologiques plus complexes lors de l’intégration de variables d’exposition comme c’est le cas ici, les résultats interrogent les aménagements d’espaces urbains, et notamment les questions d’équité face aux aménagements urbains, notamment de la modération du trafic et de la vitesse règlementaire dans les quartiers. Au-delà des aspects méthodologiques plus complexes lors de l’intégration de variables d’exposition comme c’est le cas ici, les résultats interrogent les aménagements d’espaces urbains, et notamment les questions d’équité face aux aménagements urbains, notamment de la modération du trafic et de la vitesse règlementaire dans les quartiers.
