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Entrevue CARSP SNN – Maxime Brault

M. Maxime Brault dirige depuis 2017 la Direction de la recherche en sécurité routière à la Société de l’Assurance Automobile du Québec. La Direction de la recherche est entre autres responsable de la diffusion, des analyses et des interprétations du bilan routier pour le Québec, de l’acquisition des connaissances et de la veille en sécurité routière.

Diplômé de l’Université Laval en statistique et détenteur d’une maîtrise en épidémiologie, il œuvre en sécurité routière depuis plus de 30 ans. Il a travaillé comme expert-conseil et chercheur en sécurité routière de 1993 à 2008 sur divers sujets dont la vitesse et la conduite avec les facultés affaiblies par les drogues. Il a également travaillé au ministère des Transports entre 2008 et 2013 à la mise en œuvre et l’évaluation du programme de cinémomètres photographiques au Québec. Il a reçu, avec sa collègue Joanne Bouchard, le prix Charles H. Miller en 2003.

Kristine D'Arbelles  
Merci encore pour être avec moi. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous présenter, vous êtes directeur de la recherche en sécurité routière à la société de l'assurance automobile. Votre équipe est en charge d’apporter de la connaissance en sécurité routière pour les politiques publiques, autant en analysant et interprétant les données d’accidents, qu’en travaillant avec les chercheurs du Québec pour des études sur des enjeux spécifiques au contexte du Québec, mais qui sont pertinentes aussi pour toute la communauté de la sécurité routière. Merci encore Maxime pour être avec nous aujourd'hui.

Brault, Maxime  
C'est un plaisir, merci de m'accueillir.

Kristine D'Arbelles  
La première question, on aime toujours commencer les entrevues avec ça, juste pour commencer, pour vous vous connaître un peu plus. Si vous avez à nous relever un fait amusant à propos de vous, qu'est-ce que ça serait? Quelque chose intéressant que vous aimeriez partager avec nos membres?

Brault, Maxime  
Ouais effectivement, je suis aussi comédien à temps partiel, donc moins les dernières années. Mais j'ai même fait partie de l'Union des artistes, là au Québec, le regroupement d'acteurs et comédiens. J'ai découvert ça plus adolescent, le plaisir du théâtre, l'improvisation et tout ça. Puis j'ai travaillé pour à Québec, une compagnie qui faisait du théâtre interactif, des soirées meurtre mystère. Donc oui, il fallait avoir beaucoup de sens de l'improvisation et tout ça. Ça m'a aidé aussi à quelque part dans la recherche parce que le côté créativité, le côté d'essayer de trouver des solutions inattendues. Je vois le parallèle aussi que les gens me disent, tu présentes dans des conférences, est-ce que t'es stressé et tout ça? Puis je dis, moi, j'ai fait du théâtre, j'estime que c'est la même chose quand tu fais du théâtre. L'important c'est de connaître ton texte, puis ta mise en scène, tes déplacements. Une présentation, c'est un peu la même chose, connaître ton contenu, savoir ce que tu vas dire.
Puis les déplacements. Ben, c'est dans quel ordre tu vas mettre tes diapositives ou ta présentation, donc c'est un peu un appui que je prends de mon passé de mon travail à temps partiel, de comédien. Donc ça que je partage aux gens autour de moi, là au travail.

Kristine D'Arbelles  
C'est excellent, j'aime ça et j'aime que tu des fois les choses qu'on fait hors du travail peut nous aider. Les choses qu'on fait dans notre vie, juste pour le fun, des fois, ça peut nous aider notre dans notre carrière. Et comme vous avez mentionné, l'improvisation, la présentation, ça, aide beaucoup dans la sécurité routière, quand tu as besoin de présenter des données au lieu de juste montrer des nombres et des numéros.

Brault, Maxime  
Exact! Puis, il faut s'assurer que notre contenu, il soit compris comme il faut par notre auditoire. Donc il faut qu'on soit capable de rendre ça compréhensible, clair, vulgarisé souvent. Donc c'est des éléments là qui sont nécessaires dans la sécurité routière.

Kristine D'Arbelles  
Et pourquoi la sécurité routière? Qu'est-ce que vous avez amené à travailler dans notre domaine?

Brault, Maxime  
C'est un peu par hasard en fait. Moi j'ai une formation de statisticiens au départ même si j'ai complété une maîtrise en épidémiologie un peu plus tard quand je travaillais, mais comme statisticiens évidemment, on peut travailler avec des chiffres dans plein de domaines, autant la psychologie biologie, n'importe quel domaine scientifique. Et tout ça, on est souvent un peu tout seul dans les équipes, on est comme le gars de chiffres que les gens disent : Ah Ben on va lui demander à lui, il va nous aider. Puis, comme nouveau statisticien nouveau professionnel, j'avais souvent besoin de de me référer à des collègues statisticiens. Puis j'avais entendu parler qu’à la société d'assurance automobile, il y avait plusieurs statisticiens qui travaillaient là à l'époque à la direction de la statistique. Et puis, je me suis présenté là après 5 ans de travail dans d'autres domaines, puis je suis atterri à la société, à la direction de la statistique, mais rapidement, avec des équipes qui travaillait en étude, analyse sur la sécurité routière. Et puis j'ai joint les équipes de la sécurité routière donc je suis tombé par hasard dans un milieu que j'ai adoré. Et puis depuis 1993 à peu près, je fais que la sécurité routière, et vraiment, c'est un domaine d'affaires que j'adore.

Kristine D'Arbelles  
J'ai fait un peu d’entrevue dans mon nouveau poste dans le comité de rédaction et la dernière fois que j'ai fait une entrevue avec quelqu'un d'autre dans l'industrie de sécurité routière, il m’a dit la même chose. Qu’il a juste tombé dans la sécurité routière et je trouve qu'il y a beaucoup de personnes qui tombent dans notre industrie. Il fait quelque chose d'autre. Puis ils trouvent une façon de rentrer dans l'industrie de sécurité. Même moi je n’ai pas fait la sécurité routière dans l'université ou dans le collège, j'ai fait la communication. Mais j'ai tombé dans la sécurité routière dans mon poste avec la CAA, alors je trouve que c'est normal pour beaucoup de personnes dans notre industrie.

Brault, Maxime  
Ouais effectivement tout à fait. 

Kristine D'Arbelles  
Ma prochaine question c'est selon vous, quel est l'un des besoins le plus urgent en matière de recherche dans l'industrie de la sécurité routière?

Brault, Maxime  
Ouais, il y a plusieurs éléments de qu'on aurait pu nommer parce qu’il y a encore dans toutes les domaines plusieurs avancées qu'on a besoin de faire. Évidemment, on parle beaucoup de Vision Zero dans nos stratégies, dans les administrations par rapport à la sécurité routière et tout ça. Donc on vise effectivement à ce qu'il y ait le moins possible de d'essais, et de blessés graves, mais donc on pourrait identifier plusieurs choses. Mais j'en ai peut-être deux, que je vous amènerai. Premièrement, peut-être, comment assurer une meilleure cohabitation sur le réseau routier?
Particulièrement ce qui concerne les usagers vulnérables. On parle des piétons, des cyclistes, j'inclurais aussi les motocyclistes là-dessus. Quand on regarde le bilan routier au Québec, l'amélioration de ces clientèles n’a pas été aussi bonne que pour les usagers, par exemple de de véhicules, camion léger, puis les camions lourds.  Il y a 20 ans, les usagers vulnérables, c'était 20 à 25% des victimes décédées. Aujourd'hui, c'est 35 à 40% quand on regarde nos bilans routiers. Donc il y a différents éléments qu'on a besoin de comprendre dans la cohabitation, d'autant que on ajoute de plus en plus de mode de transport avec l'électrification des petits appareils de transport, les trottinettes électriques, les vélos aussi électriques, qui ont une capacité de se mouvoir à une vitesse plus grande que ce qu'on avait quand on avait simplement nos pieds, donc tout sorte d'éléments qui font en sorte que ça amène une cohabitation même entre les usagers vulnérables. Même les vélos, les trottinettes, les piétons. Donc je pense que on a encore beaucoup de recherches à faire de ce côté-là, donc ça c'est un élément que j'avais noté. 

L'autre point, c'est qu'on a de plus en plus de technologies. On s'en sert donc, entre autres, pour faire cette entrevue à distance et tout ça. Avec une capacité très intéressante pour le travail, pour toutes sortes de choses. Mais au niveau du véhicule, on amène toutes sortes de technologies, notre cellulaire, nous nous accompagne dans nos déplacements. On a parfois de la difficulté à s'en détacher, mais aussi les véhicules sont pleins de nouveaux écrans, d'applications pour écouter notre musique, pour aller le GPS, pour se déplacer et tout ça. Donc ça amène beaucoup de distractions au volant, c'est des éléments qu'on regarde beaucoup à la société.
En plus de garder un œil sur tout ce qui est l'avancée technologique au sein du véhicule lui-même, les aides à la conduite, les véhicules autonomes, qui vont amener aussi toute une mouvance dans les déplacements. Puis oui, on croit que ces éléments de technologie du véhicule vont amener plus de sécurité, mais on risque de passer à travers des éléments ou on va avoir une cohabitation là peut être difficile entre quelqu'un qui a pas ses mains sur le volant ni sur les pédales, puis une autre personne qui en a. Donc je pense que c'est des éléments de recherche là importants pour les prochaines années.

Kristine D'Arbelles  
Oui, avec la technologie savoir qu'est-ce que la technologie peut faire pour nous, comment est-ce que ça peut nous aider avec la sécurité routière et les limitations aussi. À ce moment, il y a des véhicules qui peut t'aider à conduire sur l'autoroute, t'as pas besoin de toucher à rien et puis ça reste dans la voix, ça ralentit pour l’auto en avant de vous, mais t'es toujours le conducteur. Alors il y a aussi juste la transition de la technologie qui est intéressant. Et pour les conducteurs comprendre, qu'est-ce que moi j'ai besoin de faire et qu'est-ce que la technologie? Comment est-ce que ça m'aide?

Brault, Maxime  
Exact tout à fait.

Kristine D'Arbelles  
Finalement la dernière question, comme on a mentionné au début, tu sais, des fois on rentre dans la sécurité routière, on tombe dans la sécurité routière, on a pas des plans mais ça arrive. Mais pour les jeunes et pour les gens qui vraiment ont un plan et il veut faire une carrière en sécurité routière. C'est quoi vos conseils pour eux?

Brault, Maxime  
Effectivement, on l'a dit, il n’y a pas de bac en sécurité routière, on tombe un peu des fois par hasard là-dedans en ayant choisi un domaine, autre communications statistiques, l'ingénierie et tout ça là. La beauté de la sécurité routière, c'est que c'est multifactoriel, donc il y a plusieurs éléments, ça touche plusieurs disciplines. Et puis ils ont besoin de de travailler ensemble pour améliorer la sécurité sur nos routes. Moi, ce que j'ai trouvé intéressant quand je suis tombé en amour avec la sécurité routière, le domaine d'affaires, c'est une mission sociale d'intérêt. On le sait, les accidents, les collisions de la route, c'est des drames pour des familles, pour des amis, des gens qui perdent des personnes dans une collision, ou qui ont des gens qui ont des blessures, qui vont les garder plus longuement, en invalidité ou des éléments comme ça. C'est important ce travail pour la communauté, puis s'assurer qu'on fasse en sorte qu'il y ait des coûts diminués, puis moins de moins de préjudice pour les familles. Moi ce que je dirais c'est qu’étant donné qu’il n’y a pas un bac précis, c'est intervenir auprès de communauté CARS en est un bel exemple, L'association canadienne des professionnels en sécurité routière. C'est un lieu de rassemblement pour trouver des amis de sécurité routière, ou comment je partage, je travaille en partenariat. Donc tous ces éléments-là de réseautage, ils sont importants pour quelqu'un qui veut développer une carrière en sécurité routière. Pas hésiter aussi à contacter les chercheurs, contacter les praticiens dans les gouvernements, les gens qui sont responsables de la sécurité routière aussi pour aller justement se développer là-dedans, puis voire comment on peut faire une carrière, parce que c'est une belle carrière. Après une trentaine d'années, je peux dire de mon côté-là c'est vraiment quelque chose d'intéressant. Puis ça amène beaucoup de satisfaction professionnelle.

Kristine D'Arbelles  
Oui, on est un groupe gentil, puis on aime parler. Alors, si vous avez des questions, on est toujours disponible. Des belles conseils. C'est toutes les questions que j'ai pour vous. Merci beaucoup pour nous joindre aujourd'hui.

Brault, Maxime  
Ça m'a fait plaisir. Une bonne fin de journée.