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Entrevue CARSP SNN – Nicolas Saunier

Bienvenue à la sixième entrevue vidéo mettant en vedette des membres de l’Association Canadienne des professionnels de la sécurité routières. Je m’appelle Kristine D’Arbelles et je suis membre du comité de rédaction du bulletin du réseau de sécurité depuis 2025, en plus d’être directrice principale des affaires publiques à la CAA. Je suis ravie que l’une de mes premières tâches soit de vous introduire à l’un des membres éminents de notre association.

J’ai le plaisir de vous présenter mon entrevue avec Nicolas Saunier, professeur titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines à Polytechnique Montréal. Le transport intelligent, la sécurité routière et la science des données dans le domaine du transport sont quelques-uns de ses sujets de recherche. Et maintenant mon entrevue avec Nicolas…

Kristine D'Arbelles   0:58
Alors j'ai une coupe de questions parce que les membres vous connaissent un peu plus, alors numéro un, si vous aviez à nous relever un fait amusant à propos de vous, qu'est-ce que ça serait?

Nicolas Saunier   1:13
Amusant, Ah peut-être amusant comment on se retrouve un petit peu dans notre dans nos positions, dans nos postes.
En fait, là, justement, je suis au département de la génie civil en transport rattaché au programme de génie civil et on est un petit peu en transport. On est souvent classifié ou alors rattaché en génie au génie civil, mais je dirais, c'est très multidisciplinaire comme domaine, puis je ne suis pas ingénieur civil.

Je suis ingénieur en données et même à l'origine en Télécom. Ce qui est amusant là, j'ai fait mes études en France et c'est que à l'époque on passe des concours, on se prépare, puis on passe des concours pour différentes écoles dans le système français et il y avait une des écoles à laquelle j'étais admissibles, c'est à dire que mes notes étaient suffisantes pour rentrer dans cette école. Ça s'appelle l'école des Ponts et Chaussées en France et cette école. Je regarde le programme, et cetera. Puis je vois qu’ils avaient des choses rattachées au génie civil, puis des options en béton et je me suis dit, béton?
Non, ça ne m’intéresse pas, je ne sais même pas si je ne savais même pas vraiment ce que c'était. Ça ne m’intéresse pas. Aucune chance que j’irais dans ce genre de sujet-là et donc je suis allé à une école en Télécom, et j'ai fait de l'intelligence artificielle. Plusieurs années plus tard, je suis devenu professeur au département de génie civil et mes collègues font du béton. Je ne connais toujours pas grand-chose au béton.
Mais voilà, c'est l'ironie du parcours professionnel.

Kristine D'Arbelles   2:53
Le béton te suit pendant toute la vie.

Nicolas Saunier   2:55
C'est sûr que c'est un sujet important là, mais ce n’est pas mon domaine. Mais de toute manière moi je n’ai pas réussi à échapper au sujet.

Kristine D'Arbelles   3:07
Excellent. Ma 2e question, c'est qu'est-ce qui vous a amené à travailler dans le domaine de la sécurité routière? Pourquoi la sécurité routière?

Nicolas Saunier   3:16
Je ne sais pas si j’ai les réponses des autres, mais c'est un petit peu le même genre a ma première réponse sur le parcours, la réponse directe, c'est le hasard.
Une fois que j'ai fini mes études d'ingénieur, j'étais intéressé à faire un doctorat. Et puis j'avais rencontré une ancienne étudiante qui travaillait à l'époque, donc en transport et c'est comme ça que je suis arrivé en transport et que c'était un sujet où on regardait des aspects de la sécurité routière, d'une expérimentation. C'était donc le hasard, je dois le dire, et depuis c'est resté vraiment le fil rouge. Là, le fil conducteur de mes travaux. Ouais, le sujet est un peu arrivé, comme par lui-même.

Je pense qu'on réalise qu’il est présent mais en même temps on est un peu caché de nos vies ou de notre réalité.
Et on oublie facilement en fait à quel point c'est un enjeu important et donc je trouve intéressant-là qui touche à beaucoup d'aspects de la vie.
Aujourd'hui, je peux dire que c'est un sujet que dans lequel je choisis de travailler parce que c'est un sujet important de santé publique.

Kristine D'Arbelles   4:59
Ben on est content que tu es un membre et on est content que vous êtes dans le domaine de sécurité routière.

Sur le sujet de la sécurité routière, selon vous, quel est l'un des besoins le plus urgent en matière de recherche dans la sécurité routière?

Nicolas Saunier   5:52
Une question un peu assez complexe, c'est toujours difficile de choisir une chose.
Je travaille là sur un projet assez important qui essaie de fédérer différents efforts. Mais le sujet principal c’est autour des données. C'est aussi mon sujet-là on le mentionnait au début en profil. Je m'intéresse beaucoup à l'analyse de données.

Parce que la plupart de nous en sécurité routière, on travaille avec les données d'accident. C'est sûr que c'est ça qui se passe. Puis c'est ça qu'on veut empêcher. Mais quand on a des accidents, c'est déjà trop tard, donc on voudrait pouvoir réagir avant.
Et donc là encore, c'est ça que j'ai commencé justement dans mon doctorat, c'était de s'intéresser à une autre méthodologie, donc qui ne nécessitent pas d'attendre que les accidents se produisent. Donc c'est ça qui est alors le sujet le plus spécifique sur lequel je m'intéresse depuis mon doctorat.
C'est ce qu'on appelle les méthodes de conflits. Puis c'est d'autres méthodologies où on analyse la circulation, le phénomène réel. Et puis on essaie de diagnostiquer avant même qu'un accident se produise. Donc je pense que le sujet sur les données est important. Et puis pourquoi je le mentionne? C'est parce qu’aujourd’hui, on pourrait faire beaucoup de choses si on avait accès à ces données ou à toutes les données disponibles. Il y a beaucoup de données, là, de traces de nos déplacements, de ce qu'on fait dans nos vies, qu'on partage avec certains acteurs. On peut penser avec le téléphone intelligent et autres. Il y a beaucoup de ces données-là qui se retrouvent de façon plus ou moins volontaire qui se retrouvent collectés par d'autres organisations.

On sait par exemple aussi que les organisations ont ce type de programme basé sur le l'assurance télématique, ou user based Insurance basé, sur l'utilisation. Et on sait que ces données là on peut faire un certain nombre de diagnostics, d'analyse pour comprendre les facteurs de sécurité routière. Mais ces données-là, elles sont dans des organisations qui ne les partagent pas facilement. Donc la question des données, elle revient. C'est si on avait accès à des données qui existent, on pourrait faire beaucoup plus en sécurité routière.
Mais on n'a pas vraiment de gouvernance et de façon de travailler actuelle pour faire ça. Donc là encore, les données dans le côté un petit peu sous-utilisé c’est être capable de partager ou de créer un framework ou une gouvernance qui permettrait de travailler avec les gens qui ont les bonnes données et de les relier avec les gouvernements qui essayent, eux qui sont la charte d'agir pour la sécurité routière, c'est critique.

Ce n’est pas un enjeu, on n'a pas de solution technique. Les solutions techniques on sait à peu près ce qu'on peut faire. C'est l'accès et le partage des données qui est le l'enjeu.

Kristine D'Arbelles   8:26
Bien sûr, parce qu’avoir accès à des données, ça peut changer les techniques et changer, qu'est-ce que on va faire pour améliorer la sécurité routière. C’est un sujet très important. Finalement, pour finir, quel conseil donnerais-tu aux personnes qui veulent faire une carrière en sécurité routière?

Nicolas Saunier   9:24
Ce n’est pas évident. Comme je disais un peu parce que ce n’est pas forcément un sujet sur lequel on a un domaine. Il n’y a pas des formations, on ne peut pas devenir ingénieur en sécurité routière, on peut mais c'est simplement un aspect de la formation.
Je ne pense même pas si ça me viendrait l'idée même de recommander à mes enfants de devenir ou d’entrer à ce sujet spécifique.

Je pense d'une façon générale s’est-il faut avoir de la curiosité intellectuelle c'est un facteur important. Je pense qu'il faut travailler dans quelque chose qui nous intéresse.
Et je pense, la sécurité routière, c'est un domaine où on peut avoir un impact réel pour améliorer la société. Donc je pense, c'est un sujet important mais je pense que c'est difficile de recommander ou de donner un conseil spécifique.

Je pense il faut suivre sa curiosité, suivre des sujets qui nous intéressent. Puis on peut finir à travailler en sécurité routière mais on pourrait aussi travailler dans des domaines similaires qui ont ce type d'impact, ou une connexion aux gens, ou au bienêtre de la société en général. Mais pour moi c'est comme si c'était un sujet qui nous choisissait autant qu'on le choisit.

Kristine D'Arbelles   10:18
La curiosité, c'est vraiment important, c'est un mot que vous avez mentionné et je pense que ça aiderait quelqu'un jeune aujourd'hui, qui aimerait rentrer dans la sécurité routière. Être curieux, ça aide beaucoup.

Bien ça c'est toutes mes questions. Merci beaucoup de nous avoir accordé de votre temps aujourd'hui. Et à toutes les personnes qui seraient intéressées à nous faire part de leurs expériences en matière de sécurité routière dans le cadre d’une prochaine entrevue, même en français comme celle-ci, mettant en vedette des membres.
Je vous invite à nous écrire à l'adresse info@carsp.ca, à très bientôt merci.